|
LES POLLUANTS
Origine des polluants
Dioxyde de soufre
(SO2)

Ce gaz provient essentiellement de la combinaison du soufre, contenu dans
les combustibles fossiles (charbon, fuel, gazole
), avec l'oxygène
de l'air lors de leur combustion.
Les sources principales sont les centrales thermiques, les grosses installations
de combustion industrielles et les unités de chauffage individuel
et collectif.
La part des transports (diesel) baisse avec la suppression progressive
du soufre dans les carburants.
Depuis une quinzaine d'années, les émissions de SO2 sont
en forte baisse, du fait des mesures techniques et réglementaires
qui ont été prises, de la diminution de la consommation
des fiouls et charbons fortement soufrés et de l'importance prise
par l'énergie nucléaire.
Oxyde d'azote (NO,NO2):


Le monoxyde d'azote NO et le dioxyde d'azote NO2 sont émis lors
des phénomènes de combustion. Le NO2 est issu de la réaction
de l'azote et de l'oxygène de l'air qui a lieu à haute température
dans les moteurs et les installations de combustion. Les sources principales
sont les véhicules (près de 60%) et les installations de
combustion (centrales thermiques, chauffages...). Le pot catalytique a
permis, depuis 1993, une diminution des émissions des véhicules
à essence, mais l'effet reste encore peu perceptible compte tenu
de l'augmentation forte du trafic et de la durée de renouvellement
du parc automobile. Le NO2 se rencontre également à l'intérieur
des locaux où fonctionnent des appareils au gaz tels que gazinières,
chauffe-eau....
Particules en suspension (PM10)

Ce sont les poussières dont le diamètre est inférieur
à 10 µm et qui restent en suspension dans l'air. Les particules
ou poussières en suspension liées à l'activité
humaine proviennent majoritairement de la combustion des combustibles
fossiles, du transport automobile (gaz d'échappement, usure, frottements...)
et d'activités industrielles très diverses (sidérurgie,
incinération. cimenteries
). Leur taille et leur composition
sont très variables. Les particules sont souvent associées
à d'autres polluants (SO2, HAP métaux lourds et hydrocarbures...)
Monoxyde de carbone
(CO) 

Gaz inodore, incolore et inflammable, le monoxyde de carbone CO se forme
lors de la combustion incomplète de matières organiques
(gaz, charbon, fioul ou bois, carburants). Dans l'air ambiant, on le rencontre
essentiellement à proximité des voies de circulation routière
car La source principale est le trafic automobile.
Des taux importants de CO peuvent être rencontrés quand un
moteur tourne au ralenti dans un espace clos ou en cas d'embouteillage
dans des espaces couverts, ainsi qu'en cas de mauvais fonctionnement d'un
appareil de chauffage domestique.
Métaux Toxiques (Pb, As, Ni, Hg, Cd...)

L'expression "métaux toxiques" convient mieux que celle
utilisée habituellement de "métaux lourds". Elle
englobe l'ensemble des métaux présentant un caractère
toxique pour la santé et l'environnement : plomb (Pb), mercure
(Hg), arsenic (As), Cadmium (Cd), Nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse
(Mn), etc.
Dans l'air, ils se trouvent principalement sous forme particulaire (sauf
le mercure qui est principalement gazeux). Ils sont pour la plupart issus
du trafic routier, des industries sidérurgiques et des incinérateurs
de déchets.
La généralisation de l'essence sans plomb a considérablement
fait diminuer les concentrations de ce polluant.
Ozone (O3) 

Dans la stratosphère (entre 10 et 60 km d'altitude), l'ozone O3
constitue un filtre naturel qui protège la vie sur terre de l'action
néfaste des ultraviolets "durs". Le "trou d'ozone"
est une destruction partielle de ce filtre, liée à l'effet
"destructeur d'ozone" de certains polluants émis dans
la troposphère et qui migrent lentement dans la stratosphère.
Dans la troposphère (entre le sol et 10 km) les
taux d'O3 devraient être naturellement faibles. Cet ozone est un
polluant dit "secondaire". Il résulte généralement
de la transformation chimique dans l'atmosphère de certains polluants
dits "primaires" (en particulier NOx et COV) sous l'effet du
rayonnement solaire. Les mécanismes réactionnels sont complexes
et les plus fortes concentrations d'O3 apparaissent l'été,
en périphérie des zones émettrices des polluants
primaires, puis peuvent être transportées sur de grandes
distances.
Les Composés Organiques Volatils (COV)
Les Composés Organiques Volatils (COV) entrent dans
la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants
: peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, solvants...
pour des usages ménagers, professionnels ou industriels (pour ces
raisons, leur présence dans l'air intérieur peut aussi être
importante). Ils sont émis lors de la combustion incomplète
de combustibles (notamment dans les gaz d'échappement), ou par
évaporation lors de leur fabrication, de leur stockage ou de leur
utilisation. Des COV sont émis également par le milieu naturel
(végétation méditerranéenne par exemple) et
certaines aires cultivées.
Autres polluants
L'ammoniac NH3. NH3
est un polluant essentiellement agricole, émis lors de l'épandage
des lisiers provenant des élevages d'animaux, mais aussi lors de
la fabrication des engrais ammoniaqués. Il a une action irritante
sur les muqueuses de l'organisme.
Le sulfure d'hydrogène
H2S est facilement reconnaissable à très faible
concentration à son odeur "d'uf pourri", qui disparaît
à plus forte concentration. Il se forme par fermentation anaérobie
des substances organiques.
L'acide chlorhydrique HCI.
HCl provient notamment de l'incinération des ordures ménagères
(contenant entre autres des plastiques et papiers riches en chlore), de
la combustion du charbon et de certaines activités industrielles.
Ce polluant contribue à l'acidification de l'air.
Les Hydrocarbures Aromatiques
Polycycliques HAP sont des composés formés de
4 à 7 noyaux benzéniques. Plusieurs centaines de composés
sont générés par la combustion des matières
fossiles (notamment par les moteurs diesels) sous forme gazeuse ou particulaire.
Le plus étudié est le benzo(a)pyrène. Le risque de
cancer lié aux HAP est l'un des plus anciennement connus.
Les Pesticides, ou
produits "phytosanitaires" : la France occupe la 2° place
mondiale pour le volume de produits phytosanitaires consommés.
40% n'atteignent pas la cible prévue et se retrouve dans l'air,
dans l'eau... Les premières mesures des pesticides dans l'air ont
été réalisé en Bretagne en 1998. Seuls 17
molécules sur les 70 fréquemment utilisées sont suivies.
Les techniques sont nouvelles et en phase de recherche et de validation.
Aucune norme n'existe dans l'Air.
Les effets des polluants
Sur la santé :
De tous les milieux avec lesquels l'homme
est en contact, l'air est le seul auquel il ne peut pas se soustraire
: il faut en effet respirer pour vivre Chaque jour, chaque individu respire
environ 14 kg d'air, soit 11 000 l.
La composition chimique normale de l'air est :
78% d'azote
21% d'oxygène 0,9% d'argon 0,1% d'autres gaz
L'homme introduit dans l'atmosphère des substances
ayant des conséquences préjudiciables à la santé
et à l'environnement.
Les polluants sont dispersés par les vents, dissous par les pluies,
ou bloqués lorsque l'atmosphère est stable.
Les effets de la pollution atmosphérique dépendent
de la quantité de polluant avec lequel l'organisme est en contact
; on parle de "dose". Cette dose varie en fonction de 3 facteurs
:
| |
La concentration
des polluants dans l'atmosphère, |
| |
La durée
de l'exposition, |
| |
L'intensité
de l'activité physique, |
Les troubles se manifestent principalement chez les personnes
sensibles que sont :
| |
Les enfants,
|
| |
Les personnes
âgées, |
| |
Les asthmatiques,
les insuffisants respiratoires,
les cardiaques, les bronchitiques
chroniques
|
| |
Les fumeurs,
|
| |
Les femmes enceintes,
|
| |
Les professionnels
en contact avec des produits chimiques (garagistes, métiers
du bâtiment, agents de l'industrie
). |
Suivant la nature des polluants, les conséquences
pour la santé sont différentes ; même si les différents
constituants nocifs agissent souvent en synergie.
Les Polluants Leurs effets sur la santé
|
Les polluants
|
Leurs effets sur la santé
|
|
Dioxyde
de soufre (SO2)
|
C'est un gaz irritant
qui agit souvent en synergie avec d'autres substances, notamment
avec les fines particules. Il provoque une altération
de la fonction pulmonaire chez les enfants et une exacerbation
des symptômes respiratoires aigus
chez l'adulte (toux, gêne respiratoire
). Les personnes
asthmatiques y sont particulièrement sensibles. Comme tous
les polluants, ses effets sont amplifiés par le tabagisme.
|
|
Oxyde
d'azote (NO,NO2)
|
C'est un gaz irritant
qui pénètre dans les plus fines ramifications des
voies respiratoires, entraînant une hyper réactivité
bronchique chez les patients asthmatiques et un accroissement
de la sensibilité des bronches
aux infections chez l'enfant.
|
|
Particules
en suspension (PM10)
|
Les plus grosses particules sont retenues par les
voies respiratoires supérieures. Elles sont donc moins nocives
pour la santé que les particules
plus fines (<10 µm de diamètre) qui pénètrent
plus profondément dans l'organisme ; elles irritent alors
les voies respiratoires inférieures et
altèrent la fonction respiratoire dans l'ensemble.
Certaines, selon leur nature, ont également des propriétés
mutagènes et cancérigènes.
|
|
Monoxyde
de carbone (CO)
|
Il se fixe à la place de l'oxygène
sur l'hémoglobine du sang conduisant à un manque
d'oxygénation du système nerveux, du cur
et des vaisseaux sanguins. Le système nerveux central et
les organes sensoriels sont les premiers affectés, provoquant
des céphalées, vertiges,
asthénies ou troubles sensoriels.
En cas d'exposition très élevée et prolongée,
il peut être mortel ou laisser des séquelles neuropsychiques
irréversibles.
|
|
Composés
organiques volatils (COV)
|
dont benzène Ces molécules ont des
effets très divers selon leur famille. De la simple gêne
olfactive (odeurs), certains provoquent une irritation
(aldéhydes), voire une diminution
de la capacité respiratoire. D'autres, comme le
benzène, provoquent des effets mutagènes
et cancérigènes.
|
|
Métaux (Pb, As, Ni, Hg, Cd...)
|
Ces différents éléments s'accumulent
dans l'organisme, ce qui entraîne un risque de
toxicité à long terme impliquant d'éventuelles
propriétés cancérigènes.
Ils peuvent affecter le système nerveux, les fonctions rénales,
hépatiques, respiratoires, ou autres...
|
|
Ozone (O3)
|
Ce gaz, très oxydant, pénètre
facilement jusqu'aux voies respiratoires les plus fines. Il provoque
de la toux et une altération
pulmonaire, surtout chez les enfants et les asthmatiques,
ainsi que des irritations oculaires.
|
Sur l'Environnement :
A long terme les effets sur l'environnement peuvent avoir
lieu avec des concentrations plus faibles que celles nocives pour l'homme.
Les conséquences les plus visibles sont souvent le noircissement
des bâtiments et des monuments, dont le coût de la restauration
est souvent très lourd (SO2, PM10
)
Les oxydes d'azote (NOx) et le dioxyde de soufre (SO2)
contribuent fortement au phénomène des pluies acides
qui détruisent le milieu naturel ainsi que les matériaux
de construction. Ils participent également à la formation
de l'ozone troposphérique, dont il est l'un des précurseurs,
à l'atteinte de la couche d'ozone. Les COV jouent un rôle
majeur dans les mécanismes complexes de formation de l'ozone dans
la basse atmosphère (troposphère). Ils interviennent également
dans les processus de l'effet de serre et du trou d'ozone.
Les polluants les plus oxydants (ozone) réduisent
l'activité de photosynthèse des plantes, ce qui se traduit
de manière visible par l'apparition de tâches (nécroses)
sur la surface des feuilles des plantes les plus sensibles. Cela entraîne
des ralentissements de croissance chez les végétaux.
Des réductions de rendement agricole ont même été
observées.
Le CO participe aux mécanismes de formation de l'ozone
troposphérique. Dans l'atmosphère, il se transforme en dioxyde
de carbone CO2 et contribue à l'effet de serre. L'ozone contribue
également à l'effet de serre.
Les métaux toxiques contaminent les sols et les
aliments. Ils s'accumulent dans les organismes vivants et perturbent
les équilibres et mécanismes biologiques. Certains lichens
ou mousses sont couramment utilisés pour surveiller les métaux
dans l'environnement et servent de "bio-indicateurs".
Les normes de qualité
Objectif de qualité
: Un niveau de concentration de substances polluantes dans l'atmosphère,
fixé sur la base des connaissances scientifiques, dans le but d'éviter,
de prévenir ou de réduire les effets nocifs de ces substances
pour la santé humaine ou pour l'environnement, à atteindre
dans une période donnée.
Valeur limite : Un
niveau maximal de concentration de substances polluantes dans l'atmosphère
fixé sur la base des connaissances scientifiques, dans le but d'éviter,
de prévenir ou de réduire les effets nocifs de ces substances
pour la santé humaine ou pour l'environnement.
|
|
|
|
|
NO2
|
135 µg/m3 : moyenne horaire à ne pas
dépasser plus de 175 heures/an
|
200 µg/m3 : moyenne horaire à ne pas
dépasser plus de 175 heures/an
|
|
SO2
|
100 à 150 µg/m3 : moyenne journalière,
40 à 60 µg/m3 : moyenne annuelle
|
250 µg/m3 : moyenne journalière à
ne pas dépasser plus de 7 j/an
|
|
PM10
ou Fumées Noires
Les
PM10 représentent la catégorie de particules dont
le diamètre est inférieur à 10 micromètres
(les PM2,5 ou très fines particules, ont un diamètre
inférieur à 2,5 micromètres).
Les
"fumées noires" F.N. sont une estimation de la
concentration moyenne de particules fortement carbonées dans
l'air, obtenue à partir du taux de noircissement d'un filtre.
Ce n'est donc pas une mesure de l'ensemble des particules collectées
comme les PM10 ou PM2,5
|
Objectif de qualité PM10
: 30 µg/m3 en moyenne annuelle
Objectif de qualité F.N.
: 40 à 60 µg/m3 en moyenne annuelle
|
. Valeur limite F.N. : 250 µg/m3 : moyenne
journalière à ne pas dépasser plus de 7j/an.
|
|
CO
|
moins de 10 mg/m3 en moyenne sur 8h consécutives.
|
|
|
Ozone
O3
|
110 µg/m3 : moyenne sur 8 heures pour la protection
de la santé humaine 200 µg/m3 : moyenne horaire pour
la protection des végétaux65 µg/m3 : moyenne
sur 24 heures pour la protection des végétaux
|
|
|
Métaux
Toxiques
|
Pb Objectif de qualité : 0,5 µg/m3
en moyenne annuelle
|
Pb : valeur limite : 2 µg/m3 en moyenne
annuelle Recommandation de l'OMS * en moyenne annuelle :
Cd : 5 nanogrammes/m3
Hg : 1 µg/m3
* Organisation Mondiale de la Santé
|
|
COV
Les
COV comprennent notamment Aldéhydes, Cétones et Hydrocarbures
Aromatiques Monocycliques (HAM) tels que Benzène, Toluène,
Xylènes (les BTX)
|
Objectif de qualité Benzène : 2 µg/m3
: en moyenne annuelle
Recommandation de l'OMS* pour le Toluène :
0,26 mg/m3 : en moyenne / 7 jours
* Organisation Mondiale de la Santé
|
|
- mg/m3 : milligramme/m3 (millième de gramme de
polluant par mètre cube d'air)
- µg/m3 : microgramme/m3 (millionième de gramme de polluant
par mètre cube d'air)
- ng/m3 : nanogramme/m3 (milliardième de gramme de polluant par
mètre cube d'air)

|